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Dans la catégorie des grands moments où l’on se sent tout petit : l’examen oral pour un cours sur les institutions culturelles.

J’avais dix-huit ans, devais paraître déguisée dans cette longue robe en lin bordeaux et étais hyper stressée. L’érudition arrogante et prétentieuse de ce prof m’insupportait autant qu’elle me séduisait. Le genre de type qui explique à son auditoire que la photo de Bourdieu sur la couverture de ce bouquin a été prise lors de sa défense de thèse à lui. Le genre d’anecdote qui, précisément parce que tu ne comprends pas tout quand tu ouvres le livre, t’impressionne.

Mais revenons à l’examen. Et au moment où la question sur les pyramides de Gizeh se termine par Et donc, même si cela ne figure pas dans le cours, selon vous, pourquoi une photo pornographique provoquera-t-elle toujours plus d’effets sur un homme qu’une estampe érotique?

Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas piquer un fard.

D’après lui, l’émoi causé par une photo tenait au fait qu’elle témoignait forcément d’un « avoir été ». De la présence (même mise en scène) capturée de ces corps, là où le dessin et la peinture pouvaient n’être « que » des interprétations imaginées ou imaginaires.

Des années plus tard, je ne planque toujours pas des magazines cochons sous mon matelas. Et l’avènement de la photographie et de la retouche numériques change forcément la donne. Il n’empêche : lorsqu’une photographie me touche vraiment, le rouge désormais me vient aux joues.

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