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Yves Marchand et Romain Meffre photographiaient des ruines chacun de leur côté avant de se rencontrer en 2002. Depuis, ils les photographient ensemble. Contre le temps qui passe. Et pour le meilleur.

Ces deux jeunes artistes ont grandi dans la banlieue de Paris. Leurs premières ruines furent donc parisiennes, puis françaises, belges, anglaises, espagnoles ou italiennes. Au fil de leurs visites, leur sensibilité à la fragilité et à la singularité d’édifices des 19e et 20e siècles, abandonnés et bien souvent en sursis, s’affirme. En parallèle, leur style photographique s’affine : ils évoluent vers une rigueur et une vision commune. La question de savoir lequel des deux appuie sur le déclencheur de l’appareil argentique ne se pose pas vraiment… Si un projecteur est utilisé pour les intérieurs trop sombres, ils n’interviennent pas sur les lieux qui ne sont jamais réarrangés.

En 2005, après plusieurs mois de recherches, le duo s’envole une première fois pour Detroit. Dans cette Motor City qui fut la capitale de l’industrie automobile américaine, la ruine ne semble plus un élément anecdotique mais un élément principal, presque naturel du paysage.

Dans un dernier sursaut esthétique, Yves Marchand et Romain Meffre fixent à l’état brut les restes des bâtiments qui faisaient la splendeur de cette ville. Détroit est pour eux un symbole, le fantasme de la cité américaine et de sa déréliction.

Les photographes confient aussi l’aspect ludique de leur travail. Ils sont à la fois explorateurs respectueux de ces vestiges et sales gosses escaladant des barrières, se faufilant à travers des fenêtres brisées. Leurs photos, en tout cas, me font rêver. Elles racontent les destins suspendus de ces lieux. Fixent leur aujourd’hui éphémère. Evoquent les vies et les scènes qui s’y sont jouées.

Les salles de spectacles abandonnées de Détroit leur ont donné l’idée de leur prochain projet… Certaines photographies de Theaters sont déjà à découvrir sur leur site www.marchandmeffre.com. Encore !


Leur premier livre Detroit, vestiges du rêve américain, publié chez Steidl, est disponible depuis peu.

Exposition jusqu’au 10 décembre au Maillon Wacken de Strasbourg.

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3 réflexions sur “Contre la montre.

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