Home

Avertissement : ce long post traite d’un long-métrage documentaire québécois réalisé dans une maison de repos et projeté une seule fois en Belgique… Ne tournez ni les yeux, ni les talons : le film et le réalisateur sont canons !

Après avoir été sélectionné (entre autres) au Festival de Berlin et avant de participer (entre autres) au London Film Festival, le documentaire La Belle Visite a été programmé au dernier Festival International du Film Francophone de Namur. Au départ d’un lieu étonnant, ce film réussi à être à la fois « une transposition de la réalité de la vieillesse et une exploration lyrique de celle-ci ». Carrément.

Situé aux confins de la campagne québécoise, entre une route régionale et un cap tombant droit dans la mer, un motel a été transformé en résidence pour personnes âgées. Un microcosme singulier où la lenteur de vieillir domine aujourd’hui. Dans cet ancien lieu de passage, le temps semble finalement arrêté.

Pour éviter l’anecdote, le réalisateur ne s’y attache à aucun personnage principal. Durant cinq saisons, il suit une vingtaine de pensionnaires, presque interchangeables – comme finalement ces personnes qui décèdent et sont remplacées d’autres. Il n’y a pourtant ici rien de triste, d’irrespectueux, ou pire, de cynique. Sa caméra révèle une série de silhouettes et de visages surpris dans leur singularité. Simplement, elle enregistre la vie accomplissant son cycle.

La photo est très belle. De longs plans-séquences, attentifs au rythme du quotidien, paraissent d’une simplicité et d’une justesse infinie. Il y a beaucoup de silences, des prières, des regards dans le vide et sur le paysage. Les scènes fonctionnent comme des tableaux autonomes qui s’emboîtent les uns aux autres, excluant la narration, les entrevues, ou la musique. Le ton du film s’impose, absorbe, et berce graduellement. Quelque part « entre la célébration et le naufrage », La Belle Visite est attaché tout entier à des choix de mise en scène forts. Pourtant, la forme ne prend pas le pas sur le fond. Au contraire, elle l’épouse, l’enlace avec pudeur.

Je vois très peu de longs-métrages documentaires et j’ai donc peu de points de comparaison. Pourtant, ce film correspond précisément à mon idée du documentaire d’auteur. Et l’auteur, c’est Jean-François Caissy. Né à Saint-Omer, un petit village de Gaspésie, il a étudié et pratiqué la photographie avant de se consacrer à la réalisation. A la fois discret et sautillant, ce garçon pose sur les gens et sur les choses un regard pénétrant et malicieux. Dans son cinéma, son œil devient aussi témoin. Il fixe les réalités du Québec rural qui lui est familier avec une sensibilité empreinte de recul, refusant d’interférer sur le réel, ouvrant de petites interrogations sur de grands sujets. Son film précédent s’intitule La saison des amours… Dingue : ce type me donne envie de voir un documentaire qui a pour cadre une partie de chasse.

Publicités

4 réflexions sur “La Belle Rencontre.

    • Maintenant que j’y pense: tu pourrais peut-être m’écrire que tu as un dvd de La saison des amours et que tu serais d’accord de me le prêter? (Merci pour les mots gentils).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s