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Samedi dernier, nous étions les copines et moi au Théâtre National de Chaillot. Après le spectacle, nous nous sommes fait offrir des morceaux de pizza et du jus d’orange par la troupe. Nous étions là, tranquilles dans la salle de bal, en train de rater des autophotos sur fond de Tour Eiffel quand nous l’avons entendue.

D’abord, la voix crispante a répété très très fort quatre fois « Oh là là, je vais sortir mes chaussures de soirées », le temps que les vingt personnes encore présentes se retournent vers elle. Puis, la propriétaire de la voix à sorti ses chaussures de soirées : des sandales en caoutchouc Jean Paul Gaultier, perchées sur des talons de dix centimètres. Elle a enfilé ses Mélissa (oui, ces chaussures ont un prénom) avec des gestes expressifs de télé-achat avant de commenter « Je passe ma vie en talons, mais celles-ci ne sont pas tellement confortables (comprendre : c’est juste l’horreur, ça fait un mal de chien). Mais bon, c’est organisé, dès que je sors d’ici, je saute dans un taxi, et une fois à la fête, je reste assise ». Funky dis donc.

Néanmoins, elle s’est engagée dans de sportives génuflexions pour prouver à l’assemblée que toute mobilité n’est pas exclue avec des pompes pareilles. Allez, sympa, c’est vrai, tu peux bouger de haut en bas et même de bas en haut. Ensuite elle s’est adressée à une régisseuse qui portait un sac à dos Quechua. « Oui, je sais, j’ai un look de pouffiasse. Il m’a fallu dix ans pour l’assumer, mais maintenant, je le vis su-per bien. Parce que tu vois, pour moi, un look, c’est comme une scénographie : ça claque ou ça claque pas* ».

La salle fermait et nous avons été invités à quitter les lieux. Elle a claudiqué tout en ondulant du bassin (c’est donc possible) jusqu’à la sortie. Elle a embrassé trop chaleureusement ses amis du milieu du spectacle, a hélé un taxi, s’y est engouffrée en faisant des signes de la main, puis a disparu dans la nuit.

*

*A propos de claque : le spectacle Chouf Ouchouf est une tuerie d’émotion, d’énergie et d’évocation. Loin de l’académisme et des prouesses techniciennes, les douze acrobates recrutés sur une plage tangeroise donnent corps et âme à des tableaux d’une inventivité folle. Chaque spectateur, qu’il connaisse la ville par coeur ou qu’il n’ait jamais mis les pieds au Maroc vibre pour leur Tanger…

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5 réflexions sur “Last weekend, I was presque a parisienne.

  1. Je pleure de rire devant mon ordinateur! Et encore, virtuellement, on n’a pas la voix de la pouffiasse au look qui claque (ou pas)… Parce que cette voix de gamine de 6 ans qui minaude, elle vaut son pesant d’or.

    PS: J’ai eu peur un moment que tu racontes l’histoire du mec qui avait trop trop kiffé mon cul parce qu’il est « énooooooorme »!

    • Note, là, c’est toi qui la balance!
      (Tu remarqueras que j’ai aussi passé sous silence l’épisode où les serveurs mataient des films de boules sur l’écran géant du bar).

      • Pfff, écrit comme ça, moi aussi je fais pouffiasse! Prochaine fois que je te vois (ce soir) je te fais des flexions/extensions sur mes talons… Et je parle comme Porcinet qui aurait avalé une guêpe! (Mais pas certaine que ma scéno claque ce soir).

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